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La sérénité ou l’art de dompter les crocodiles et les chevaux.

La sérénité ou l’art de dompter les crocodiles et les chevaux.

Sérénité: plantons le décor

J’évoquais il y a peu la superposition de trois cerveaux complètement différents à l’intérieur de notre encéphale :

-le cerveau reptilien, qui gère les pulsions de fuite, de sidération ou d’attaque

-le cerveau limbique, qui gère les sensations d’agréable et de désagréable, les émotions, l’instinct

-le néo-cortex, qui gère le raisonnement, le langage, la transposition dans le temps ou dans l’espace

Chaque couche correspond à un stade de l’évolution, dont la trace a été conservée à l’intérieur de nous. Le premier vient de l’époque où nos ancêtres étaient des reptiles (cerveau reptilien). Le second vient de l’époque où nous n’étions que de simples mammifères (cerveau limbique). Le dernier vient de l’époque où nous sommes passés du stade de simples mammifères à celui de mammifères compliqués (néo-cortex).

Pas simple de cultiver la sérénité avec de tels locataires!

L’Evolution laisse des traces

On sait aujourd’hui que l’Homme ne descend pas du Singe, puisque celui-ci est sur une branche parallèle du même arbre. Par contre, il existe un tronc commun au Singe et à l’Homme… ainsi qu’aux autres mammifères… aux reptiles… et même aux amibes.

Il faut comprendre néanmoins que chaque stade de l’évolution a laissé la trace des ancêtres dans le corps de leurs descendants.

Nous avons donc en nous concomitamment les cerveaux d’un reptile, d’un cheval et d’un homme.

Dans l’idéal, l’Homme étant raisonnable, on souhaiterait pouvoir dire que c’est son néo-cortex qui le guide, écrasant dès que nécessaire toutes les pulsions sordides émanant du limbique et du reptilien…

Dans l’idéal, la Raison devrait triompher, puisque, selon lui-même, c’est ce qui caractérise l’Homme par rapport au reste de la Création… et ce qui lui donne des droits sur elle, puisque lui, n’agit qu’après réflexion, réflexion qui lui permet l’Intelligence, ce pouvoir de relier toutes choses entre elles.

Comme vous vous en doutez, parce que vous êtes observateurs, ce n’est pas ainsi que cela se passe. Vous devez même vous dire qu’il existe pas mal de monde qui fait passer ses pulsions sordides de mammifères, voire même de reptiles, avant la Raison Humaine.

Et vous avez tort !

Vous n’avez pas tort au niveau de la primauté des « pulsions sordides » ! Vous avez tort lorsque vous pensez que «  pas mal de monde » les fait passer au premier plan.

En effet… TOUT LE MONDE les fait passer au premier plan !

Nous sommes tous des reptiliens!

Pourquoi ?

Parce que chaque niveau du cerveau est un sas pour accéder au niveau supérieur. Il est donc impossible d’accéder à l’intelligence (néo-cortex), si auparavant on n’a pas satisfait l’exigence du confort (limbique) et de la sécurité (reptilien) !

Comme je l’écrivais plus haut, « Pas simple de cultiver la sérénité avec de tels locataires! »

Et c’est un peu normal ! En effet, quel intérêt y a-t-il pour l’espèce de savoir discourir des conditions nécessaires à l’établissement de la Cité Idéale, alors-même qu’on est chargé par un auroch et qu’on n’a pas mangé depuis 3 semaines ? En termes d’évolution, imaginez-vous qu’il y aurait eu une postérité pour une espèce dont la préoccupation aurait été de résoudre une équation avant de s’occuper du tigre à dents de sabre en train de lui boulotter la jambe droite ?

Non ! En s’occupant de sa sécurité avant de s’occuper de son confort et de son confort avant de se projeter dans l’avenir, l’Homme ne fait que s’inscrire dans sa propre nature. Et je ne parle pas de philosophie, mais bien de physiologie, c’est à dire de réactions irrépressibles.

Sérénité: l’art de grimper les marches les unes après les autres

Quelques exemples :

-compter le nombre de trèfles sur 1 m² de prairie est chose aisée, surtout si vous n’avez pas de limitation dans le temps. C’est par contre chose impossible, si vous avez un ours qui vous tourne autour à moins de 5 m… le fonctionnement du néo-cortex est paralysé par l’envie de fuir, ordonnée par le reptilien !

-dans la même prairie, vous pouvez très bien ne penser qu’à une chose : chercher quelque chose à manger (limbique), parce que vous n’avez rien ingurgité depuis deux semaines… sauf si le même ours tourne autour de vous à la même distance ! Là, plus de sensation de faim ! C’est l’impératif de la fuite (reptilien) qui prend la main sur toute votre attention !

-« Ventre creux n’a pas d’oreille ! »… Arrivez-vous à réfléchir à des solutions managériales efficientes (néo-cortex) si vous n’avez rien mangé depuis 2 jours… ?

Conclusion

Pour réfléchir correctement, il faut être dans un endroit où on se sent en sécurité, alors qu’on n’a pas faim, donc qu’on est confortablement installé.

En d’autres termes, pour accéder au néo-cortex, il faut que les deux autres cerveaux soient tranquillisés.

Peut-être entrevoyez-vous à présent l’utilité des repas d’affaires… ?

Peut-être entrevoyez-vous aussi l’utilité de ne pas se décider « à chaud » ou « sous le coup de la colère »?

Vous savez à présent pourquoi il ne suffit pas de vouloir être raisonnable pour pouvoir être raisonnable!

Laurent Winter

Laurent Winter est Maître-Praticien en Hypnothérapie, Maître-Praticien en PNL formé par  l’Institut Psynapse. Son cursus a été prolongé par diverses spécialisations, comme le traitement des addictions (tabac, alcool…) et des phobies, le traitement du poids, la pause d’anneaux gastriques virtuels, l’hypnose symbolique et spirituelle. Membre de la National Guild of Hypnotists, il dispose d’une certification en psychopathologie clinique. Situé en Alsace, il vous reçoit dans son cabinet au Nord de Strasbourg

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